En 2025, neuf femmes figuraient parmi les 111 cinéastes des cent films qui ont rapporté le plus aux États-Unis. Elles représentent 8,1 % du total, contre 13,4 % en 2024. Ce décompte vient de l’Annenberg Inclusion Initiative, un centre de recherche de l’université de Californie du Sud. Son rapport annuel, publié le 31 décembre 2025, porte sur 1 900 films sortis depuis 2007. Sur ces dix-neuf années, les femmes représentent 6,6 % des cinéastes.
« Barbie », réalisé par Greta Gerwig et sorti en juillet 2023, a figuré dans ce classement. Le film a rapporté plus de 1,4 milliard de dollars dans le monde. Sa suite, que la presse appelle « Barbie 2 », n’a pour l’instant ni scénario ni date de sortie.

Le 31 juillet, le quotidien états-unien The New York Times a rapporté que les négociations autour de « Barbie 2 » étaient bloquées. Warner Bros., le studio du premier film, n’a trouvé d’accord ni avec Greta Gerwig ni avec ses deux interprètes principaux. Le studio doit conclure avant décembre. Passé ce délai, les droits reviennent à Mattel, le fabricant de la poupée.
« Barbie 2 » n’a toujours pas d’accord : Warner Bros. et l’équipe de Greta Gerwig s’opposent sur les rémunérations, et le studio peut perdre les droits en décembre
Le blocage concerne quatre personnes. Greta Gerwig a réalisé le premier film et l’a écrit avec Noah Baumbach, scénariste, réalisateur et son mari. L’actrice Margot Robbie y joue Barbie et en est aussi productrice. L’acteur Ryan Gosling y joue Ken.

Selon The New York Times, Ryan Gosling demande 20 millions de dollars et une part des recettes. Le quotidien écrit que David Zaslav, le patron du groupe Warner Bros. Discovery, a refusé d’approuver ces conditions. Un porte-parole du studio conteste cette version. Selon lui, les agent·es des artistes ont rejeté une offre en mai et n’ont pas fait de contre-proposition.
Pam Abdy et Michael De Luca, qui codirigent les studios de cinéma de Warner Bros., ont confirmé les discussions dans un communiqué. Les deux responsables y indiquent avoir fait plusieurs offres importantes, sans obtenir d’accord à ce stade.
Le magazine professionnel Variety a précisé ces éléments le 2 août. Warner Bros. a fait environ six offres en trois ans. Greta Gerwig et Noah Baumbach ont une idée pour « Barbie 2 ». Le couple refuse de la présenter tant que les contrats ne sont pas signés.
Au 11 octobre, ni le studio ni les artistes n’ont annoncé d’accord.
Aucun contrat n’oblige Greta Gerwig à tourner « Barbie 2 » : le studio a fait six offres à l’équipe d’un film qui a rapporté 1,4 milliard de dollars
Cette négociation tient aux contrats du premier film, qui ne prévoyaient pas de suite. Selon Variety, les interprètes avaient signé pour un seul film afin d’obtenir Greta Gerwig à la réalisation. Aucun des quatre artistes n’est donc tenu de revenir pour « Barbie 2 ».
Ces offres répondent aux recettes du premier film. « Barbie » a été le plus gros succès mondial de 2023. Il est aussi le premier film réalisé par une femme seule à dépasser le milliard de dollars de recettes.
Margot Robbie avait pris ses distances avec l’idée de « Barbie 2 » dès 2024. Dans un entretien à Variety, elle expliquait que le film n’avait pas été conçu comme une trilogie. Si Warner Bros. perd les droits, Mattel devra relancer le projet avec une autre équipe et une autre histoire, écrit Variety.
Le studio de « Barbie 2 » n’a confié aucun de ses plus gros succès de 2025 à une femme, et la part des réalisatrices est retombée à 8,1 % aux États-Unis
Le succès de la réalisatrice pressentie pour « Barbie 2 » reste rare dans les chiffres de l’Annenberg Inclusion Initiative. En 2007, les femmes représentaient 2,7 % des cinéastes des cent plus gros succès. Leur part a atteint 12,1 % en 2023, l’année de « Barbie », puis 13,4 % en 2024. Elle est retombée à 8,1 % en 2025, son niveau le plus bas depuis sept ans.
Parmi les neuf réalisatrices de 2025, Chloé Zhao a réalisé « Hamnet », Celine Song « Materialists » et Maggie Kang « KPop Demon Hunters ». Disney employait trois de ces réalisatrices. Warner Bros., Paramount et Lionsgate n’en comptaient aucune.
Les auteur·rices du rapport ont aussi comparé l’accueil critique des films. Leur étude utilise Metacritic, un site qui fait la moyenne des critiques de presse. Entre 2007 et 2025, les films de réalisatrices y obtiennent les mêmes notes moyennes que ceux des hommes. Stacy L. Smith, la fondatrice du centre, en conclut que les embauches ne reposent pas seulement sur les résultats.
« Les données de 2025 montrent que les progrès des réalisatrices ont été éphémères. »
Stacy L. Smith, fondatrice de l’Annenberg Inclusion Initiative, le 31 décembre 2025
« Barbie 2 » vu de France : les films de réalisatrices ont un devis moyen de 3,5 millions d’euros, inférieur de 39 % à celui des hommes
L’écart existe aussi en France, où il se mesure en budget. Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) est l’établissement public qui finance et encadre le secteur. Il publie chaque année un observatoire de l’égalité entre les femmes et les hommes. En 2024, 24,2 % des films d’initiative française agréés par le CNC ont été réalisés par des femmes.
Ces films disposent de moins d’argent. Selon les chiffres clés de l’observatoire, publiés en mars 2025, le devis moyen d’un film réalisé par une femme est de 3,5 millions d’euros. Il est inférieur de 39 % à celui d’un film réalisé par un homme. Le CNC note aussi que les réalisatrices restent rares sur les œuvres à gros budget.
Le CNC a annoncé ce bonus parité en 2018, lors des premières Assises pour la parité dans le cinéma, organisées avec le Collectif 50/50. Cette association s’est fait connaître la même année au Festival de Cannes, où 82 femmes du cinéma ont monté les marches ensemble. Selon son bilan d’activité 2025, elle compte 900 adhérent·es.
Les écarts de salaire persistent pour celles qui tournent. En 2023, dans les métiers de la réalisation, le salaire horaire moyen des femmes était inférieur de 3,5 % à celui des hommes. Ce chiffre du CNC porte sur les films de fiction.